Interview de Absurdity, 21/03/11

Le premier album d'Absurdity, D:\Evolution, est dans les bacs! C'est pour cet occasion que David, bassiste du groupe, a répondu à mes quelques questions. Enjoy !





Bonjour David,
Peux-tu nous présenter rapidement le groupe et sa création?

Bonjour, alors Absurdity est un groupe de deathcore de Strasbourg qui a vu le jour en 2002, mais il ne reste plus qu'un membre de cette période, le guitariste Erik. En effet le groupe a connu maints changements de line up, ce fut un peu « Dallas » avec des membres qui partaient dans d'autres groupes, revenaient ou étaient remplacés par des amis au gré des évènements, études, ou à cause du travail notamment. Il se trouve que la version actuelle du groupe est vieille de 3-4 ans. Jesuis personnellement arrivé juste avant l'enregistrement d'Urban Strife, les autres, juste après. Ce qui explique aussi l'évolution musicale entre les débuts et maintenant.


Pourquoi avoir choisi ce nom, « Absurdity » ?
Parce que ça nous reflète bien !
Plus sérieusement, nous évoquons à travers ce nom et le groupe l'absurdité de la condition humaine, qui consomme, gâche toujours plus jusqu'à s'auto dévorer. Absurdité que l'on remarque aussi à travers les moyens de communication toujours plus nombreux, rapides et accessibles, et pourtant les gens se sentent de plus en plus seuls, non ? Absurdity isn't it ?


Votre premier album, « D:/Evolution » vient tout juste de sortir dans les bacs. Peux-tu nous parler de sa composition et de son enregistrement ?

Au niveau composition, on se fixe peu de limites. De plus, elle est collégiale, il n'y a pas de dictateur dans le groupe et je pense plutôt que chacun à un droit de veto sur chaque riff, partie ou idée, et encore, il n'est pas utilisé. Du coup l'inspiration peut venir de partout, d'un roulement de batterie, de deux notes de basses, d'un riff de guitare. Par contre le but recherché est le même pour tous : « efficacité » ! Tant que ça poutre on est contents

Pour l'enregistrement nous sommes allés chez Zoltan Varga au Supersize Studio à Budapest. Nous connaissions le travail du producteur qui avait enregistré le groupe Superbutt ainsi que nos amis S-Core et Housebound de chez Dirty-8. Et force est de reconnaître que le bougre nous a appris beaucoup de chose, et a fait un travail merveilleux sur l'album. Il a réussi à ne pas nous donner ce son hyper-synthétique et étriqué des prods deathcore modernes, et malgré la présence des samples, le tout reste aéré et organique.


Lors de votre passage en studio, dans quel état d’esprit étiez-vous ?

Excités de prime abord ! En plus, on considérait ça un peu comme des vacances puisque pris sur nos congés payés. Mais bon c'est des vacances mais faut bosser quand même. On a appris beaucoup avec des gens qui en connaissaient beaucoup sur la musique, ça enseigne l'humilité. Et puis le soir venu ou quand on avait du temps libre, je dois avouer que la X Box 360 qu’on avait emmenée a bien tournée aussi.


Quelles sont vos principales influences, tant du point de vue musical, que cinématographique ?

Oh lalalala ! Là c'est dur. Ca dépend beaucoup des membres, moi par exemple j'aime bien écouter des trucs barrés genre The locust,
Ruins, Dilinger Escape Plan, de la j-pop (eh oui) ou de la musique classique, pack (batterie) adore le death old school, Erik écoute peu de metal paradoxalement, Cédric sera plus dans le power metal/metalcore/Bob Marley Et Ricardo ben euh...tellement de trucs que je ne pourrais pas citer mais ça va de l'électro indus à Mnemic

Au niveau cinématographique c'est vaste aussi, mais
dernièrement je regarde beaucoup le cinéma de Takeshi Kitano et dans un tout autre genre j'ai adoré Scott Pilgrim vs the world:)


D’ailleurs, quels sont les sujets abordés dans cet album ?

Le principal sujet abordé dans cet album est la dépendance de l'homme face aux machines. Mais aussi de ne plus être traité comme un être humain mais comme un consommateur qui agit avec des gestes bien réglés et conditionnés. Aimez cette émission de télé, ayez une tv écran plat à la maison, achetez bien le dernier truc à la mode genre iphone, style vestimentaire etc... C'est d’ailleurs exprimé via le refrain de Sneaking Data « obey »...obéis au système....


J’ai pu lire que votre album était déjà en rupture de stock chez Virgin, au bout de quelques jours seulement. Comment avez-vous réagi à cette annonce ?

Ouiiiiii ! J'ai vu ça en voulant le montrer à ma copine, et oui j'ai l'occasion de frimer j'en profite . Je passais et je vois qu'il restait juste le lecteur pour écouter le cd et entendre le vendeur dire qu'il fallait en recommander....La grosse surprise !!! Ca m'emplit de joie !! J'espère que ça va continuer et qu'on deviendra le nouveau Tokyo Hotel (rires)


Avez-vous déjà de nouveaux projets sur le court ou le long terme ?

Sur le court terme : défendre la sortie de l'album sur scène c'est ce qu'on préfère de toute façon.

Sur le long terme : préparer un nouvel album, on a déjà quelques jets même si cela ne constitue pas une priorité pour le moment


J’aimerais connaître ton avis sur la scène locale en tant que musicien. Que penses-tu des groupes, et des différentes structures de la région ?

La scène locale est riche, très riche même. Et ce, dans plein de styles, il suffit de penser à des groupes comme Housebound, S-Core, Inhumate, et des jeunes loups aux dents longues comme Shindo, Arkélion ou Malariah qui méritent vraiment d'être connus. Et là je ne parle que de Strasbourg...En dehors du metal : les Sales Cons et Ghb que j'adore, ou bien Lyre le Temps qui commencent a vraiment bien tourner. C'est sur, y’a du potentiel dans le coin !!!

Au niveau structures par contre, je regrette vraiment que les bars ne permettent pas de faire jouer des groupes autres que dj/électro en raison du tapage nocturne... Mais il ne faut pas oublier que le Molodoi ou le Noumatrouff permettent à de petits groupes de se produire. Curieusement en Lorraine c'est l'inverse, plus de bars que de salles.


Et le public ?

Le public fidèle au poste ça fait plaisir à voir. Je ne peux malheureusement pas en dire grand chose puisque une fois le concert fini on doit remballer le matos et généralement déjà lever le camp...


D’ailleurs, quels sont vos meilleurs souvenirs de scène ?

Ben un peu tous….monter sur scène est toujours un plaisir...
Je pense que mon meilleur souvenir reste quand même un concert en Grèce le jour de l'anniversaire de Ricardo, qui du coup avait une bouteille d'Ouzo. On n’avait bien sur rien dit à Erik qui a toujours peur qu'on soit trop saouls sur scène et qu’on rate tout (il n’a pas tort néanmoins) et donc la bouteille d'Ouzo n’a duré que quelques minutes. On est montés sur scène fins blindés et on a joué tous les morceaux bien trop vite mais pinaise qu'est ce que ça envoyait… ce fut bien marrant.


Et les pires ?

Les pires ? Mmmmmmm, les concerts où l'on casse le matos, ou pire : les concerts où les gens montent sur scène et pètent le matos, même si ça reste très plaisant de voir quelqu'un faire un slam et venir nous rejoindre sur les planches, qu'il fasse attention au matos quand même, ça fait mal au porte monnaie !


Enfin, avec qui aimeriez-vous partager l’affiche ?

Pour moi sans conteste Maximum The Hormone !!!! Sinon je dirais Gojira (à nouveau !), Bring me the Horizon ou Mnemic


En te remerciant et vous souhaitant, à toi et au groupe, une bonne continuation, je te laisse le mot de la fin:

Merci à Lorraine Rock pour le soutien et l'interview, je vous souhaite plein de bonnes choses et une bonne continuation !


Marilou V.