Interview de Calciferum, 2011

Encore une occasion de s’affaler dans le canapé et d’en apprendre un peu plus sur un excellent groupe. Voici une petite interview des membres de Calciferum, afin d’honorer lasortie du dernier opus, «The Beast Inside» (sorti le 22 janvier dernier). Qu’ajouter de plus ? Pour ma part, je n’ai qu’un mot à dire : Lâchez la bête !








Tout d’abord, pouvez-vous nous présenter brièvement le groupe pour ceux qui ne connaîtraient encore pas Calciferum ?
Damien : Salut Marilou,
Le groupe existe depuis 2004. Les membres fondateurs sont Cerbère et moi. On a eu pas mal de difficulté à trouver un bon line up, surtout avec le départ forcé de Treymor en 2007, c’était un vrai bordel (ahah).
A mes yeux, le groupe a réellement débuté son histoire en 2009 avec l’arrivée d’Alex à la gratte. Le line up est, depuis, stable et complet. C’est d’ailleurs pour ca qu’on a sortis notre EP, « Dirge of Gjallarhorn », en 2009, ce qui nous a permis de faire quelques dates et de vraiment commencer à faire parler de nous.
Aujourd’hui on sort notre premier réel album « The Beast Inside » qui reflète clairement la maturité du groupe et ses différentes influences.


Comment le groupe s’est-il formé ? Quelles étaient vos principales motivations à cette époque ?
Damien : Comme cité précédemment, on a eu pas mal de galères pour trouver un bon line up : le groupe s’est formé petit à petit. On voulait faire de la musique, ça nous faisait rêver. On admirait nos groupes favoris en live et on s’est dit « putain mais faut faire pareil ! ». J’avais déjà commencé la guitare à l’époque, et Cerbère hurlait pas mal : en 2004 on s’est lancé.

Arthur : personnellement au tout début je n’avais pas vraiment de motivation particulière, je faisais de la batterie depuis pas longtemps, je savais que cerbère avait un groupe et qu’il cherchait un batteur donc j’ai essayé et je suis resté ,je trouvais ca cool d’être batteur dans un groupe, je n’avais toujours fait que du piano

Cerbère : À la naissance du groupe, on n’avait pas de motivation particulière. C’était faire de la musique pour s’amuser, pour se retrouver et partager des trucs ensemble. Sans réelle ambition, si ce n’est prendre notre pied en faisant une musique qu’on aime.
De plus, on était très porté par une forte mouvance underground portée par Inhumate, groupe de 20 ans d’existence et toujours autoproduit. Ca forçait le respect une telle hargne et on a prit exemple sur cette motivation.


Ont-elles évolué depuis ?
Damien : Oui, aujourd’hui on joue pour la passion et pour transmettre nos sentiments et notre façon de voir les choses, notre façon d’aimer la musique.

Arthur :je suis assez d’accord. Pour ma part la passion est venue après ,quand on a commencé a pouvoir jouer un peu ce qu’on voulait ,parce qu’au début on a été bridé par notre niveau technique trop faible pour nos ambitions je pense. Aujourd’hui la passion se renforce a chaque fois que je me dis « putain ,quand même ,ce morceau
encule ! » sans forcément tomber dans l’autosuffisance, ça donne
envie de partager tout ça.

Cerbère : Nos ambitions ont évolué en même temps que notre musique. Aujourd’hui, comme le dit Arthur, on a la capacité technique de faire ce qu’on souhaite. A l’heure actuelle, on rêve de beaucoup d’autre chose pour Calciferum, d’un futur bien plus « grand » pour le groupe, avec pourquoi pas à la clé, une carrière « pro ».


"The Beast Inside" est le nouvel album du groupe, sorti en ce début d’année. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cet opus ?
A la suite de la sortie de l’EP « Dirge of Gjallarhorn », les retombées ont été plutôt bonnes, ce qui nous a surmotivé à sortir un prochain opus encore meilleur. Et on s’est donné les moyens d’y parvenir, avec un travail de composition d’assez longue haleine et minutieux ou encore une durée d’enregistrement conséquente.
On avait le temps de bien faire les choses, nous en avons donc profité ! Et le résultat nous est plutôt satisfaisant. Nous avons réussit au travers des 11 morceaux de l’album à retranscrire une atmosphère lourde et malsaine, chose qu’on désirait réellement mettre en place pour « The Beast Inside ».


Avez-vous déjà eu des échos sur cet album ?
Alex : Les retours sont principalement positifs, que ce soit de nos proches, des gens qui nous soutiennent, mais également des webzines ou des groupes avec qui nous avons eu le plaisir de partager une scène.

Dans quel état étiez-vous lors de l'entrée au studio ?
Alex : Ca s’est très bien passé, on a l’avantage de pouvoir prendre le temps qu’on veut puisque c’est le studio à Damien,. Le fait de n’avoir aucune pression a été vraiment un atout pour nous : l’enregistrement s’est fait de manière détendu et on a pu se concentrer à 200% sur notre musique.On a donc pu aborder l’enregistrement de façon sereine.

Arthur : c’était assez dur d’être en forme au début des séances d’enregistrement des parties de batteries. Je travaille la nuit et damien débarquait a 10h du mat pour enregistrer, c’était chaud d’être dedans dès le départ, mais on s’en est bien sorti.
On a beaucoup plus pris le temps de faire les choses et fignolé que pour l’E.P dont on n’était pas vraiment satisfaits. Du coup on a réalisé beaucoup de prises pour la batterie mais je pense que ca valait la peine ; Et puis avec l’expérience, pour le prochain ca ira plus vite. Cela dit on s’est bien marrés quand même !


Quelles ont été vos principales influences artistiques lors de sa composition et de son enregistrement ?
Alex : On a chacun nos styles de prédilections, mais si nous devrions en citer, disons que des groupes comme Hypocrisy ou Behemoth font parties nos principales sources d’influences.

Arthur : bon moi je suis peut-être un peu plus deathcore et death technique dans mes goûts mais a l’usure je finirais par arriver a leur faire composer des downs ;-)

Cerbère : Un des atouts du groupe est, je pense, cet aspect très éclectiques de nos influences musicales. Comme dit Arthur, il est plus deathcore ou death technique, Alex lui a une préférence pour le black alors que Damien, Makkura et moi sommes plus adepte du death voir
du grind. Et c’est l’apport de toutes ces influences combinées qui nous permette de composé des morceaux qui ne se ressemblent pas !

Quels sont les termes que vous abordez principalement dans vos compositions ?
Cerbère : Il n’ya a pas réellement de sujet précis ici, je dirais plus un état d’esprit. J’ai écrit la plupart des textes de « The Beast Inside » en me basant sur mes sentiments du moment, mon moteur d’écriture a vraiment été ce que je ressentais, ce que j’avais au fond de moi et tout ça c’est fait durant une période assez noire et chaotique de ma vie. Ce qui a donné aux textes une dimension assez malsaine et torturé, à l’instar de « The Thing That I Am » ou encore « Lost In Despair ».Mais l’album contient aussi des morceaux se penchant sur des thèmes plus « classiques », au final, c’est comme si on racontait une petite histoire.

Arthur : pour ma part je n’ai écrit que les paroles de Cold Fury, mais c’est un peu le même principe que pour Cerbère, ca fait écho a du vécu a un moment donné, je ne sais pas si j’en réécrirait a l’avenir.


Pouvez-vous nous parler de votre titre fétiche ?
Damien : The Sins Of Flesh! Je pense que c’est le meilleur morceau de l’album.

Arthur : idem pour moi c’est celui qui chie le plus ! Mais j’aime bien The Beast Inside aussi.

Cerbère : Pour moi, mon morceau fétiche de l’album est « The Thing That I Am ». J’ai toujours adoré ce titre, c’est un véritable exutoire pour moi sur scène, je donne tout ce que j’ai jusqu'à rentré dans une sorte de transe !


Parlons un peu de la scène locale. Nous savons que la région Alsacienne regorge de groupes de metal d’un très bon niveau, ainsi que d’associations très présentes dans le milieu. Que pensez-vous de cette scène en tant que musiciens ?
Damien : On est dans la région la plus active de France à ce niveau, et pourtant je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de place laissé au métal ici. Jetez un œil à l’Allemagne, la différence est flagrante. C’est un ensemble de choses qui fait que la scène métal a tendance à stagner voir suffoquer.

Cerbère : C’est vrai que la région est un sacré vivier pour la scène métal. Malheureusement, en France, cette scène a encore beaucoup de mal à prendre de l’expansion et à gagner la place qui est la
sienne dans le mouvement musicale français en globalité. Mais bon, le métal a toujours été une musique de passionné, de gens qui se bougent le cul, c’est un monde de partage et d’entraide et on continuera à fonctionner ainsi !

Alex : Comme l’a dit Dam’s, l’Est français est une bonne région pour les métaleux. Il y a pas mal d’asso qui veulent promouvoir la scène, même si souvent, les assos sont « spécialisées ».
Faisant moi-même parti d’une asso, on essaye d’être ouvert à tous les styles, pour satisfaire tous les publics. Malheureusement, ça peut arriver que le public ne suive pas, et c’est bien dommage.
Au niveau des groupes, c’est pas mal fourni, comme tu l’as dis, et également très varié. Je dirai que la majorité alsacienne se porte dans le death, et lorraine dans le black. (ndlr : C’est exactement ce que je pense)


Comment trouvez vous l’ambiance lors de vos concerts ?
Damien : Tout dépend de l’affiche : avec des affiches black c’est souvent plus difficile car on ne correspond plus du tout au profil de la soirée, ce qui est tout à fait logique. Sinon c’est globalement positif, le public est réceptif et ca bouge bien. C’est un énorme plaisir pour nous de se produire sur scène, on se donne toujours à fond, qu’il y ait 5 personnes ou 300, et je pense que le public nous apprécie entre autre pour ca.

Arthur : cela dit j’ai plus de mal avec le public black metal, vachement moins démonstratif, ca peut être déconcertant…

Cerbère : l’ambiance au concert est très variable, comme le dit Damien, ça dépend beaucoup du reste de l’affiche. Mais à l’heure actuelle, lorsque c’est une bonne affiche death de derrières des buissons, je trouve qu’on est plutôt bien accueillis, c’est un réel plaisir que de voir une troupe de malade s’exploser la tronche dans la fosse juste devant soi. Ca met une pèche d’enfer, et ce, quelque soit le nombre de mecs dans la fosse !


Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs de scène ?
Alex : Nos meilleurs souvenirs sont le United Sickness Festival en 2009 et notre release party : nous avons pu partager l’affiche avec des groupes comme Inhumate, Tortured Soul, Agon et Diluvian.Quant aux pires souvenirs, il y en a, mais on ne veut pas forcément en parler, il faut rester positif, grandir avec ce qu’on a vécu !


Enfin, avec quels groupes aimeriez vous partager l’affiche ?
Alex : Ahah Bonne question ! Je dirai que c’est assez variable vu que nos styles sont variés, mais on se met tout de même d’accord sur Hyprocisy, Carnifex, Trepalium et Behemoth.


Je vous laisse le mot de la fin !
Cerbere : Buisson..

Alex : Merci pour l’interview et pour le soutien !

Damien : Merci pour l’interview et n’hésitez pas à nous faire partager votre avis sur notre musique via myspace (http://www.myspace.com/calciferum) ou par mail à cette adresse booking.calciferum@gmail.com , CHEERS !

Arthur :
chat-bite


En remerciant les très sympathiques Calciferum pour avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions, et en leur souhaitant une très bonne continuation.


Marilou V.