Interview Ratbomb - 19/03/12



Bonne nouvelle pour les rageux! Le premier album du groupe Ratbomb, "Natural Born Grinders" est désormais disponible sur le web, gratuitement et en toute légalité! J'ai donc profité de l'occasion pour poser quelques questions à David, l'un des guitaristes et chanteurs du groupe, afin de vous faire découvrir ce groupe d'alsaciens ravagés ! Let's grind !



Salut David !
Premièrement, pourrais-tu nous présenter les membres du groupe?
La formation de Ratbomb est la même depuis juin 2009 (donc antérieure à l'existence du groupe) et comprend: Alexandre aka Gralex au chant, Maxime aka Mèx à la gratte et au chant, Antoine aka Toène à la basse au chant, Ludo aka Schmuller à la batterie et moi-même, David aka Dèv, à la gratte et au chant. Quant à ces surnoms, ils sont issus de privates jokes et de notre imagination débordante en matière de connerie.

Pour ceux qui vous connaissaient dans le groupe Malariah, pourquoi avoir arreté? Comment est née votre envie de jouer cette musique plus extrême?
Les raisons du split de Malariah sont nombreuses, mais elles sont toutes le fruit d'un manque de motivation pour le Death Metal. Nous avons eu d'excellents moments avec ce groupe, l'opportunité d'ouvrir pour Inhumate, Master ou Ultra Vomit, nous avons sortis deux EP (de qualité inégale!) et nous avons surtout pris connaissance du milieu Underground en France et ailleurs. Mais avec les années, nous avons connu deux changements très importants: nos goûts musicaux ont évolué et changé, et notre inspiration musicale avec. Difficile de continuer à faire du Death Metal quand tu n'en écoutes plus. Et puis nous avons pris de l'âge, de l'expérience et de la maturité, et nos priorités ont ainsi changée. Avec Malariah, les paroles que nous avions étaient là pour faire du remplissage, nous n'en avions pas grand chose à faire, et nous ne cherchions pas à faire passer de quelconque message. Mais nous avons réellement prit conscience du monde qui nous entoure, et compris que l'art, quelque soit son support, pouvait avoir un impact très fort sur les autres comme il en a eu sur nous. Nous cherchons ainsi à développer dans nos morceaux des thèmes qui nous sont chers, même si je te l'accorde, le Grindcore n'est pas le moyen le plus intelligible qui soit. Nous parlons beaucoup de la liberté d'expression et de l'uniformisation de la pensée et des comportements. Nous n'encourageons nullement à la violence mais à la rébellion par la prise de conscience. "I think what i want, i do what i think" comme nous le disons dans le morceau "Mass mind controlling". Même si je ne te cache pas que les paroles de morceaux tels que "Get drunk or smoke trying" ou "Grind your face" ont des sujets que l'on pourrait qualifier de plus "léger"!

Pourrais-tu définir les principaux changements musicaux vers lequels les membres se sont tournés à la création du groupe? Quelles étaient vos principales envies?
Nous avons eu l'envie de faire une musique plus directe, plus incisive, plus violente. Bref, la définition du Grindcore auquel nous avons rajouté nos influences Crust.

D'où vous vient l'idée du nom du groupe, Ratbomb?
La symbolique du rat est très forte je trouve: ils sont des millions mais nous ne les voyons jamais, ne les entendons jamais et n'en parlons que rarement. Je les utilise comme métaphore de la rébellion. Il y a un ou deux ans, j'avais lu un article dans lequel Kadhafi qualifiait les rebelles lybiens de "rat". J'avais adoré la comparaison. Quant à la bombe, c'est tout l'inverse: une seule suffit pour faire beaucoup de dégâts et faire parler d'elle en une poignée de secondes. Littéralement, Ratbomb est ainsi un nom sans sens réellement explicite. Mais voir notre musique comme une explosion de rage suffit à justifier ce nom.

Nous allons maintenant parler de votre premier album, "Natural Born Grinder", au titre très évocateur. Je suppose que ce titre explique votre tournant musical au sein de Ratbomb?

Natural Born Grinders Cover Art

Il s'agit d'une référence au film "Natural Born Killers" ("Tueurs-nés" en français) puis c'est évidemment un clin d'oeil à notre passé musicale. Lorsque nous nous sommes mis à composer du Grindcrust, tout est venu de façon bien plus instinctive et la direction musicale sur laquelle nous nous entendons a été trouvé très rapidement, et n'est pas prête de changer, uniquement d'évoluer. C'est en cela que nous nous sentons un peu comme des "Natural Born Grinders". Et si j'ai conscience que le Grindcore n'est pas un sprint mais une course de fond (je pense à ceux qui sont dans ce milieu depuis 10, 15, 20 ans voir plus), je nous sens réellement à l'aise, tant humainement que musicalement, dans ce milieu. Et c'est aussi grâce à cela que nous avons réussi à enregistrer si rapidement un album.

Comment s'est déroulé l'enregistrement de ce premier album?
Nous avons enregistré en août 2011 dans la cave de Toène (basse-chant), le tout en Do it yourself: nous avons nous-mêmes fabriqués de quoi faire l'isolement du local d'enregistrement, puis nous avons effectué toutes les prises sons en moins d'une semaine. Par après nous avons refait quelques pistes de chant puis avons confié le mixage et le mastering à Damien (Psyrus Studio) qui a réellement fait un super travail. J'en profite d'ailleurs pour le remercier encore une fois!

Aviez-vous des envies et des objectifs particuliers pour cet opus ? Quelles étaient vos principales inspirations lors de sa création?
Simplement l'envie de faire partager notre musique, représentative de ce que nous sommes, à tous ceux susceptibles d'être intéressés par elle. Nous avons porté un soin particulier au son, afin qu'il rende honneur aux morceaux et qu'il soit à la hauteur de nos attentes. Au final, ça sonne crade et énervé tout en restant audible, donc nous sommes satisfaits. Quant à nos inspirations, d'un point de vue musical, des groupes comme Blockheads, Disrupt ou Napalm Death sont des influences communes dont nous ne nous cachons pas. Nous nous sentons plus touchés par le Grindcore dérivé du Punk ou du Hardcore que par celui dérivé du Death metal. En dehors de ces groupes, je ne peux pas ne pas citer Electric Wizard et Motörhead, influences indirectes pour nous.

Sans tout dévoiler, comment décrirais tu les morceaux du disque ?
Instinctifs, directs, énervés. Difficile d'avoir du recul sur sa propre musique, donc je te répond ce que ceux ayant eu l'occasion d'écouter l'album m'en ont dit.

J'espère que nous allons rapidement vous retrouver sur scène pour les découvrir. Vous avez d'ailleurs déjà sorti une vidéo pour le titre "Get drunk or smoke trying", où vous avez choisi de montrer des parties concert. Comment définirais-tu ces moments où vous partagez votre musique avec votre public en live ?


Le Grindcore est une musique vivante, et le meilleur endroit pour lui faire prendre forme est indéniablement la scène. Nous adorons jouer Live car notre musique constitue un exutoire que l'on cherche à transmettre et partager avec le public. Je considère un concert comme réussi si à la fin de celui-ci j'ai l'impression d'avoir tout donné. L'interprétation ou le son restent secondaires à côté.


Vous avez déjà partagé la scène avec des groupes tels que Blockheads en septembre,  ou même Misery Index et Resistance en août dernier. Quels seraient les groupes avec lesquels vous aimeriez jouer ?
Un paquet, bien évidemment, quelque soit leur notoriété. Si un groupe me touche, cela me donne envie d'en rencontrer les membres. Donc en vrac, et que cela soit réalisable ou non, je dirais que je serais heureux de partager la scène avec Napalm Death, Converge, Motörhead, Weekend Nachos, Electric Wizard, Origin, Magrudergrind, The Afternoon Gentlemen, Kickback... Les autres rajouteraient un paquet de groupes, mais je te donne là ma liste personnelle.


 Nous avons la chance d'être à la porte de plusieurs pays. J'ai d'ailleurs remarqué que vous vous bougiez pas mal pour les concerts (en Allemagne, en Suisse...). A ce propos, peux-tu nous dire ce que tu penses de la scène extrême dans le coin, et plus particulièrement en France par rapport à votre expérience à l'étranger?
D'un point de vue strictement musical, je trouve la scène Grindcore française vraiment riche: nous avons bien évidemment Blockheads et Inhumate, qui sont là depuis le début des années 90, mais également d'autres formations que je trouve excellentes telles que Whoresnation, Massive Charge, Chiens, Atara, Trepan'Dead, Unsu, Untamed, Xaros, Faxe, Doomsisters, Department of Correction, Nolentia, Black Code et d'autres que j'oublie. Je tiens également à citer les copains de Tortured Soul et Ataraxis, qui font du très bon Death Metal, chacun à leur façon. Si je devais comparer la France à l'Allemagne ou  la Suisse, je dirais que ce qui m'a frappé c'est la plus forte différenciation faite entre le Grindcore et le Metal à l'étranger. Après, niveau organisation ou public, je dirais que c'est à chaque fois inhérent au type d'endroit dans lequel tu joues: tu trouveras plus de Punks à une soirée à l'arrache dans squatt que dans une salle avec une grosse tête d'affiche.


Maintenant que l'album est terminé, quels sont vos plans dans un futur proche ou moins proche ?
Nous avons décidé de sortir l'album via internet, après l'échec des négociations avec un label et car nous ne voulions pas attendre plus longtemps. Nous cherchons tout de même à le sortir en format physique, mais si ça vous intéresse je ne peux que vous encourager à vous renseigner de temps à autre sur l'actualité du groupe. Dans les plans, bien entendu tourner le plus possible, c'est notre raison de jouer au final, car même si partager virtuellement notre musique est un plaisir, cela ne remplace pas le contact de la scène.


Avez-vous des dates de prévues dans les semaines à venir où nous pourrions vous retrouver ?
Samedi 17 mars à Paris, Vendredi 23 mars à Besançon, Vendredi 20 avril à Strasbourg et Vendredi 14 Juin au Grind the nazi Scum (Allemagne). Tout est dispo sur reverbnation.com/ratbomb ;)


Je te laisse le mot de la fin !
Tout d'abord merci à toi Marilou pour le soutien continu (à l'époque pour Malariah, maintenant pour Ratbomb) et merci à tous ceux qui nous suivent depuis des années, des mois ou même 3 jours (Nono, la Grinding Family, l'Eastern Blasting Crew et tous les autres qui se reconnaîtront). Ensuite, soutenez vos groupes locaux, allez aux concerts, faites vivre la scène underground, celle qui (sur)vit grâce à vous. Enfin, je ne peux que vous inviter à découvrir notre premier album, "Natural Born Grinders", sur  http://ratbomb.bandcamp.com  et à donner votre opinion, que ça soit via facebook.com/ratbombgrindcrust ou par mail à shitstorm-cbjh@hotmail.fr. Chaque opinion, qu'elle soit positive ou négative, nous importe et nous apporte ;).


Un gros merci à David pour avoir répondu à ces quelques questions. Surtout n''hésitez pas à télécharger l'album via le lien bandcamp ci-dessus. Eclatez vous bien !


Marilou V.