Interview We Take No Prisoners, 05/04/10

Au programme aujourd'hui, une petite interview avec Jérôme, bassiste du groupe nancéen, We Take No Prisoners. Plus d'infos dans les réponses qui suivent !






Hello Jérôme.,
Peux-tu tout d’abord nous présenter rapidement le groupe ?

Alors nous sommes un groupe de heavy metal nancéien, formé depuis 2010. WTNP, c'est avant tout la collaboration de 4 potes musiciens, venant d'horizons différents, mais ayant tous en commun la même passion pour le metal. Le groupe est composé de Thierry Barth à la guitare, de Yohann Chatillon au chant, de Laurent Barth à la batterie et de moi-même (Jérôme Lardin) à la basse.


Comment a démarré cette aventure ?
Nous avons fait connaissance avec Thierry et Laurent Barth en 2003, nous jouions au sein d’un power trio qui s’appelait Grim Skies. La vie a fait que nous avons suivi des directions différentes. Yohann est un pote de très longue date des 2 frangins Barth. Ces derniers temps, Thierry se concentrait sur sa carrière de guitariste classique, et commençait même à revendre son matériel « électrique » quand il a eu soudain le besoin de remonter un groupe de metal. Un vendredi midi, il m’a envoyé un sms impromptu qui disait « prends ta basse, on répète ce soir » ! Et c’était le début de l’aventure !


Quelles étaient vos principales ambitions lors de la création du groupe ?
Notre ambition est d’abord assez simple et égoïste : elle consiste à nous faire plaisir en jouant la musique qu’on aime, puis de la partager, et si certaines personnes aiment ce qu’on fait, ca fait d’autant plus plaisir !


Pourquoi avoir choisi le nom de « We Take No Prisoners » ?
Le nom a été choisi avant mon arrivée dans le groupe, mais il me semble qu'il est issu d'une longue séance de brainstorming, vous savez ce genre de réflexion très sérieuse tard dans la soirée avec des bières, en écoutant de la bonne musique! Peut être même autour d'un barbecue ! On nous pose souvent la question mais cela n'a rien à voir avec la chanson "Take No Prisoners" de Megadeth, étant je pense le seul fan de la bande à Mustaine dans le groupe! En fait la bonne musique qui tournait ce soir là était un live de Motörhead, et le "We Take No Prisoners" est issu des paroles du morceau Killers. Ce nom a été choisi pour la façon dont il sonne et sa connotation sans pitié! Et si Lemmy a voulu que notre groupe s'appelle comme ca, alors ainsi soit il!


Peux-tu nous décrire vos principales influences et inspirations ?
Nos influences sont assez larges et variées. Cela nous permet d'essayer de proposer une musique que l'on aime sans trop se borner et s'enfermer dans un style bien particulier et défini. Quand on nous demande de décrire notre musique, nous sommes toujours bien embêtés, nous jouons simplement du heavy metal en essayant de faire passer diverses émotions, d'allier puissance et mélodie, et d'être modernes tout en ne reniant pas nos influences. Celles-ci sont en vrac des groupes comme Pantera, Black Label Society, Black Sabbath, Ozzy Osbourne, Rage, Exodus, Strapping Young Lad, Symphony X, Iron Maiden, Led Zeppelin, Deep Purple... Vous constatez qu'il y a donc de quoi faire et de quoi s'amuser !


Quels sont vos projets sur le court ou le long terme ?
Sur le long terme nous avons comme ambition ultime de devenir le groupe de metal le plus énorme qui ait jamais existé, avec des orgies de dollars, de bières et de groupies, et sur le court terme d’essayer de ne plus trop raconter de conneries de ce genre dans cette interview !!! Plus sérieusement, nous prévoyons d’enregistrer notre premier album cet été, et de nous produire partout où on voudra bien de nous !


Avec quels groupes aimeriez-vous partager l’affiche ?
Nous nous ferions une joie et un honneur d'ouvrir pour une multitude de groupes, par exemple les groupes encore en activité dans les influences citées plus tôt. Il y a également des bons groupes en Lorraine avec qui nous partagerions l'affiche avec grand plaisir. Quoi qu'il en soit, cela reste toujours très enrichissant musicalement et humainement de côtoyer d'autres groupes, d'autres musiciens, d'autres styles, d'autres publics...


D’ailleurs, que penses-tu de la scène metal dans la région, en tant que musiciens ?
A vrai dire, on essaie de faire notre petit bonhomme de chemin sans trop nous préoccuper des autres. Pas qu'on s'en fout, bien au contraire, mais je veux dire par là que ce n'est pas trop notre trip de juger, jalouser, critiquer... D'un point de vue musical, la scène régionale comporte plusieurs excellents groupes qui méritent vraiment le détour. Après c'est comme partout, tu rencontres des gens super sympas qui font tout pour que tout le monde passe de bons moments, d'autres qui se comportent comme des trous du cul finis et se regardent le nombril alors qu'au final ils ne sont pas meilleurs qu'un autre! J'ai rien de bien original à vous apprendre sur le sujet ! Quel que part, on est tous sur le même bateau...
Sur Nancy, nous n'avons pas trop à nous plaindre aujourd'hui, nous avons des structures pour travailler, nous produire, aider et encadrer les jeunes groupes. En plus avec le net, il est très facile de faire connaître instantanément sa musique partout dans le monde. Seulement, cela en devient tellement facile que la musique est maintenant éphémère, un vrai produit de consommation. En exagérant un peu, tu découvres un bon groupe, tu écoutes ses morceaux, le lendemain tu surfes sur le net, tu en redécouvres un autre, tu oublies celui de la veille... Pas facile dans ces conditions pour un jeune groupe, ici comme ailleurs, de fidéliser un public, de faire durablement son trou.


Peux-tu nous décrire en quelques mots le public qui suit cette scène ?
Alors en quelques mots, de ce que j'en ai vu à la télé et dans les journaux : cheveux longs et sales, barbares incultes et sauvages, abrutis par la drogue et la bière, sataniques et fachos ! Le pire c’est qu’on autorisait déjà un Hell Fest et qu'on va maintenant laisser ces brutes se réunir à Amnéville cet été !!!
Plus sérieusement, le public metal lorrain est à l’image du public metal partout ailleurs en France. Il y a un certain antagonisme. D’un côté, tu trouves des fans très motivés, fidèles, dynamiques, qui défendent les valeurs du rock’n roll, du hard, du metal, à savoir l’ouverture d’esprit, le fun, la camaraderie, l’anticonformisme, qui sont toujours prêts à passer un bon moment avec de la bonne musique, à filer un coup de main à la scène locale.
Mais malheureusement, on trouve aussi de plus en plus de gens grognons, aigris, qui d’un côté se plaignent que le metal n’est pas assez présent chez nous, mais qui d’un autre côté ont toujours une bonne excuse pour rester à la maison quand des passionnés se cassent le cul pour organiser quelque chose près de chez eux.


Quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs de concert ?
Je n'ai pas trop d'anecdotes transcendantes et croustillantes en stock! Je me souviens qu'on a parfois joué dans des lieux qui se sont avérés être un peu en décalage avec notre musique, genre t'es en train de jouer pendant que le patron sert de la paëlla à une partie du public qui était venu pour manger et qui se fout pas mal de ton concert! Il y a aussi le classique du groupe de metal qui joue dans un bar : au bout de 30min de set, les condé débarquent pour tout arrêter parce que les voisins se plaignent du bruit!


En parlant de concert, nous savons que le concert de Blaze Bayley, chez Paulette prévu initialement le 26 février dernier, a été déplacé au 17 septembre 2011. Peux-tu nous en dévoiler plus sur votre futur concert avec l’ex chanteur de Iron Maiden ?
le concert a dû être reporté à peu près une semaine avant la date pour des raisons médicales de la part de Blaze Bayley. Il n’est jamais agréable de devoir reporter un concert, surtout un concert comme celui-là. Nous étions depuis 2 mois dans les starting-blocks, travaillant pour proposer le meilleur show possible, essayant de promouvoir un maximum le concert. D’un coup, toute la pression retombe, sans même avoir pu l'évacuer sur scène, c'est assez frustrant. Après le plus important étant la bonne santé de tout le monde, nous souhaitons un bon rétablissement à Blaze.
Depuis, ce dernier s’est séparé de son groupe, ce qui est dommage car il semblait avoir enfin trouvé un groupe soudé, dynamique et motivé, mais a priori cela devenait délicat d’un point de vue financier et organisationnel de continuer sous cette forme. Nous sommes donc un peu dans l’inconnu sur les musiciens qui vont l’accompagner en Septembre, les morceaux qu’il va jouer… Mais quoi qu’il arrive les dates ont bien été confirmées, une date en Belgique a même été ajoutée le lendemain du concert de Chez Paulette.


Dans quel état étiez-vous lors de l’annonce de ce concert, et comment vous êtes vous retrouvé sur cette affiche, aux côtés de AVerySadStory ?
Nous avons été très enthousiasmés, c’est toujours un plaisir et un honneur d’avoir l’occasion de partager une affiche avec un grand nom du metal international et un excellent groupe lorrain. Cela permet en plus de toucher un nouveau public.
En fait tout s’est passé assez rapidement. Je connaissais via le net depuis plusieurs années Seb de l’association French Heavy Metal Connection, qui organise le concert. Un peu avant le Nouvel An, ce dernier m’a annoncé qu’une date de Blaze Chez Paulette en Février était dans le tuyau et m’a demandé si je connaissais un groupe local pour la première partie. Je lui ai envoyé quelques démos de We Take No Prisoners et il faut croire que ca a plu !!! En gros tout s’est bouclé pour nous en 3-4 jours.


Je vous souhaite un très bon concert et une excellente continuation. Un dernier mot pour les lecteurs ?
Un grand merci à toi et à tous les passionnés de metal qui font vivre notre musique dans la région, qui soutiennent des groupes comme le notre. On vous dit à bientôt autour d'une bière à nos prochains concerts (le 22/04 Chez Paulette avec Ass Death, le 17/09 Chez Paulette avec Blaze Bayley et AVerySadStory) et For Those about to rock, we salute you !



Encore un gros merci à Jérôme pour avoir pris le temps de répondre à mes questions, et surtout de s'être intéressé à mon projet. A très bientôt et bonne continuation à vous !


Marilou V.